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Souvenirs d'amour
Journal de mes vingt ans

Souvenirs d'Amour« J’ai le goût soudain de faire l’amour. Est-ce le cognac qui gonfle mon sexe? Est-ce la passion qui m’appelle, quand du silence monte la voix de ce musicien qui chante sur la sono? Où est-ce encore l’un de ces fantasmes qui déjoue ma vigilance? Je me laisse si souvent interpeller par des rencontres amoureuses… impossibles… Où es-tu ce soir, amour? Je ne suis qu’une amoureuse éperdue à la poursuite d’un rêve… »

Dans Souvenirs d’amour, Louise Portal revient à ses premiers écrits intimes où pendant une dizaine d’années elle a raconté sa quête amoureuse. En revoyant le livre qu’elle en avait tiré en 1981, sous le titre de Jeanne Janvier, elle a voulu le préciser, le corriger, sans toutefois lui enlever sa couleur et ses impudeurs, la vérité originelle de confidences qui feront de Robert Lalonde et François Truffaut des lecteurs profondément émus. L’écrivain québécois y reconnaîtra la plume d’une consœur, le cinéaste français sera emporté, bouleversé par la liberté du propos.

L’auteure de L’Actrice a voulu partager avec les jeunes femmes d’aujourd’hui les difficultés et les joies des premières amours, tous ses désirs de changement et de transformation intérieure.

Souvenirs d’amour est sans doute le livre le plus émouvant de Louise Portal.


Note de l’auteure

C’est en 1981 que la première édition de ce récit est parue chez Libre Expression sous le titre de Jeanne Janvier. Or, depuis la publication de L’Enchantée, mon premier roman, et des autres qui ont suivi, on me demande régulièrement s’il est possible de se procurer mon péché de jeunesse.

J’ai ainsi décidé de replonger au cœur du journal de mes vingt ans en revisitant l’amoureuse romantique que j’étais alors, pour en faire une édition nouvelle avec un titre qui en annonce plus clairement le contenu. J’ai précisé certains passages, en ai allégé d’autres, sans toutefois altérer l’élan romanesque de ces cahiers où je me suis confiée sans beaucoup de pudeur. Le récit a donc gardé sa vérité, ses traits d’origine. Il est demeuré « celui d’une amoureuse éternelle, morte d’avance et en retard d’un siècle »,comme je l’écrivais alors.

C’est bien le texte que va découvrir l’écrivain et comédien Robert Lalonde, dont j’ai gardé la préface de 1981, et c’est le même récit qui va bouleverser le réalisateur François Truffaut quand je le lui ferai lire.

À cette époque, ma plume, telle une sentinelle bienveillante, me guidait dans le difficile apprentissage de l’amour. Comme on le verra, cette Jeanne précède toutes les autres : la Jeanne Mercure de L’Enchantée ; la Jeanne d’Arcy de L’Actrice ; la Jeanne Dorval de L’Angélus de mon voisin sonne l’heure de l’amour. Jeanne est l’un de mes prénoms et je l’ai choisi quand j’ai voulu faire parler ma voix intérieure, celle de l’écrivaine, dans les fictions publiées.

Mais pourquoi avoir décidé de rouvrir mes cahiers? Tout simplement pour parler aux jeunes femmes d’aujourd’hui et partager avec elles ces moments intimes qui, de dix-huit à vingt-huit ans m’ont fait devenir, fébrilement et passionnément, l’amoureuse que je suis. De l’adolescente romantique que j’ai été, jusqu’à cette femme qui finira par inscrire son nom dans la vie, plutôt que dans l’attente. Celles d’aujourd’hui se retrouveront-elles dans ces Souvenirs d’amour? Je le crois. Elles me le diront. À l’époque, je notais ceci : « Ma main écrite, c’est mon espoir de demain, mon épanouissement d’aujourd’hui. Main dépouillée d’une autre femme qui germe en moi. »

Éditions Hurtubise inc. 2009